«C’est ma première campagne municipale en tant que tête de liste. J’ai déjà été candidat il y a six ans, à 19 ans, et j’ai eu pas mal de frustrations. J’étais responsable de la com numérique. Je faisais beaucoup de terrain. Il y avait déjà une forte présence des réseaux sociaux : Twitter, Facebook… Mais les méthodes étaient d’un autre temps, et dans une campagne avec des quinquas… on ne te demande pas ton avis. Aujourd’hui, j’utilise de nouvelles méthodes en plus des anciennes.
«J'utilise les codes de notre génération. La professionnalisation des réseaux sociaux est hyper intéressante. Le souci du détail sur les images est beaucoup plus fort. Par rapport à ma dernière campagne, je n'ai pas du tout le souvenir qu'on ait débattu des heures sur une couleur, une police, l'agencement d'une page Facebook ou le nombre de personnes atteintes… Chaque publication est travaillée en amont, avec le visuel ou la vidéo qui va avec. Je ne sors pas une proposition si je n'ai pas fait une vidéo sur le sujet. Et on a un planning de publications qui doit être scrupuleusement respecté. Chaque semaine, le coordinateur du pôle image dit à l'équipe : "On a touché X nouvelles personnes, comment on peut faire pour en toucher plus ?" C'est clairement le pôle le plus en ébullition, celui qui demande le plus de travail. Parce qu'après, sur le programme, il y a moins d'échanges.
«L’image nous monopolise. J’ai des gens qui sont community managers pro et qui le font pour la campagne, d’autres dans la tech, dans les médias… Les réseaux sociaux, si on n’y est pas, on a tout perdu. Mais ce n’est pas ça qui nous fait gagner des voix. C’est complémentaire avec le terrain : après chaque opération de porte-à-porte ou de tractage, on constate un boom de visites sur notre page Facebook. On a décidé aussi d’avoir un local en plein centre-ville, et c’est une publicité permanente. Il n’y a pas un soir où je n’ai pas un rendez-vous avec quelqu’un au local. En politique, il y a des choses qui sont indémodables.»
Ce témoignage est une version mise à jour de celui publié dans l'édition du 29 février 2020.




