«Le soir du premier tour, on ne parlera que du Havre», pronostique, dans l'angoisse, un haut responsable de LREM. Contre toute attente, la victoire d'Edouard Philippe paraît loin d'être assurée dans la ville qui l'avait élu maire dès le premier tour en 2014. Un sondage récent lui donnait 42 % des suffrages, soit à peine plus que ses deux principaux concurrents réunis, le communiste Jean-Paul Lecoq (25 %) et l'écologiste Alexis Deck (16 %). En octobre, Philippe s'était lancé dans la bataille sur la foi d'un sondage qui laissait prévoir une victoire dès le premier tour. C'était sans compter les dégâts de la réforme des retraites et du 49.3. Battre le Premier ministre dans sa ville : l'opposition unanime est tendue vers cet objectif. Le chef du gouvernement avait expliqué que cette candidature était pour lui une occasion de démontrer qu'il avait bien le soutien des électeurs. «C'est un Premier ministre politique. C'est son ADN et sa force. Il a besoin de se relégitimer», soulignait alors son entourage. Ces conditions posées, un échec au Havre devrait, en toute logique, conduire à une démission de Matignon. Une contrariété de plus pour Emmanuel Macron, qui ne voulait surtout pas remanier sous la contrainte. Plutôt qu'au lendemain de municipales ratées, il souhaitait composer son nouveau gouvernement au début de l'été, une fois la réforme des retraites définitivement votée.
Le Havre : L’Elysée suit avec anxiété la campagne chahutée de Philippe
Le Havre, le 31 janvier 2020. Le Premier ministre Édouard Philippe (1er plan), annonce sa candidature aux élections municipales du Havre (AFP)
Publié le 09/03/2020 à 19h31
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