Extradé de Londres fin février, Alexandre Djouhri n'aura finalement passé que quelques semaines dans les geôles françaises. L'intermédiaire franco-algérien, poursuivi dans le cadre du dossier libyen, a en effet été remis en liberté lundi après-midi par les juges d'instruction, à la demande du médecin chef de la prison de Fresnes. Atteint d'une hépatite B, qui avait nécessité une première hospitalisation à Londres, Djouhri clame depuis son arrestation en janvier 2018 par la justice britannique, à la suite d'un mandat d'arrêt lancé par la France, son souhait de revenir se faire soigner en Suisse, où il réside habituellement, tout en se disant à la disposition des magistrats français – mais à distance plus ou moins respectable…
La récente apparition du coronavirus au sein de cette prison, qui est l'une des plus surpeuplée de France, n'y est sûrement pas pour rien. Après un détenu de 74 ans détecté positif vendredi (une première en milieu carcéral), deux infirmières employées à l'unité sanitaire de Fresnes l'ont également été ce week-end. Depuis, la Direction de l'administration pénitentiaire (DAP) assure que les habituels «gestes barrières» sont bien en place. Les syndicats réclament toutefois un renforcement des «restrictions» aux parloirs ou ateliers.
Djouhri, avec son hépatite, représentait un profil très à risque en cas de contamination par le virus. Placé sous bracelet électronique, il sera désormais logé dans un appartement dédié, sous haute surveillance GPS. Hasard du calendrier, il devait être extrait de sa cellule pour y être réentendu mercredi par les magistrats instructeurs, voire être confronté avec Nicolas Sarkozy, également mis en examen dans le dossier libyen. Lors de ses précédentes auditions, via un brancard solidement arrimé entre la prison de Fresnes et le pôle financier, l'intermédiaire avait – selon le Point qui en a donné des extraits – dénoncé une fois de plus un «kidnapping judiciaire».




