Le devoir de mémoire ne fonctionne pas qu’à sens unique. Le 19 mars 1962 étaient appliqués les accords d’Evian. Ils mettaient ainsi fin à un conflit démarré à la «Toussaint sanglante» de 1954. Huit ans d’une guerre qui n’a jamais voulu porter son nom; la France menant dans ses trois départements africains soit des «opérations de pacification» soit du «maintien de l’ordre». De 1954 à 1962, des exactions et des horreurs – massacre de civils par représailles, usage de la torture – seront perpétrées par les deux camps, aussi bien le FLN que l’armée française composée d’un contingent embarqué dans une guerre qu’il ne considérait pas comme la sienne.
Disparus sans laisser de trace
Une fois signés le 18 mars 1962, ces accords prévoyaient un cessez-le-feu, le lendemain à minuit, qui aurait dû voir s'installer «la paix des braves» promise un temps aux fellaghas par le général de Gaulle. Les deux parties s'étaient alors engagées «à interdire tout recours aux actes de violence, collective ou individuelle». Il n'en sera rien. La violence se déchaîne pour pousser les pieds-noirs au départ. Les disparus sans laisser de trace se comptent alors par dizaine de milliers.
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De 1962 au 5 juillet 1964, date du rapatriement en métropole des dernières troupes restées sur place, plus de 600 soldats sont tués ou enlevés. Un cessez-le-feu tout relatif… S’appuyant sur de nombreux témoignages, Alain Vincenot s’attarde sur cette période qui aura surtout été une période vengeance.
Algérie, les Oubliés du 19 mars 1962
par Alain Vincenot. L’Archipel. 20 euros.




