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Au cap Ferret, «c'est presque criminel de venir»

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Bordelais et Parisiens ont quitté la ville pour débarquer en masse en bord de mer… Pas très bien vu par les Ferretcapiens. Surtout quand les comportements sont insouciants.

Le tag «Parigo home virus?» au cap Ferret, vendredi (Thibaud MORITZ/Photo Thibaud Moritz pour Libération)
ParEva Fonteneau
correspondante à Bordeaux
Publié le 21/03/2020 à 9h10

Le bruissement des vagues, le chant des mouettes et en toile de fond, la dune du Pilat, baignée par la lumière du soleil. Le confinement au cap Ferret (à une heure quinze de Bordeaux) est tout de suite plus supportable. C'est ce cadre idyllique qui a poussé de nombreux citadins à rejoindre hâtivement, depuis le week-end dernier, leurs résidences secondaires ou à carrément louer un logement sur place. Des lieux de repli pour fuir la ville, souvent plus touchée par l'épidémie. Problème, l'arrivée massive de ces touristes potentiellement contagieux - la plupart Bordelais ou Parisiens - est parfois vue d'un mauvais œil. Allant jusqu'à susciter la colère de plusieurs locaux. En témoigne un tag fraîchement nettoyé sur une palissade, mais où il est toujours possible de distinguer le message : «Parigot home virus ?»

«Inconscients»

Gérard (1) ne cache pas son indignation. Caissier dans une petite supérette de la presqu'île, il raconte le climat tendu des derniers jours dans son commerce : «Entre samedi et mercredi, ça n'a pas arrêté. Ils ont débarqué par groupe de deux, trois, voire cinq dans notre magasin et nous ont dévalisés. Parfois en se bousculant. Je revois encore la file indienne de voitures avec les coffres de toits blindés et les planches de surf à la main. Les gens se sont crus en vacances. Certains ont même eu le culot de louer des apparts au mois m'a raconté ma sœur agent immobilier. Jeudi, j'ai dû aller engueuler une famille qui pique-niquait tranquillement su

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