Alors que le nombre de personnes contaminées ne cesse d'augmenter dans le département d'outre-mer (145 cas confirmés à 16 heures, dont 4 patients en réanimation), la préfecture a annoncé ce vendredi de nouvelles mesures. Une façon de reprendre la main après le scandale des masques moisis reçus par les pharmacies en milieu de semaine. Distribués par l'Agence régionale de santé (ARS) et destinés aux professionnels médicaux, ceux-ci, issus d'un vieux stock présentaient carrément des taches de moisissure… Annick Girardin, la ministre des Outre-Mer, s'en est émue, jugeant l'incident «inacceptable» et promettant d'en tirer les conséquences «le moment venu».
Drive-test
Face à la pression, la préfecture et l’ARS ont annoncé ce vendredi la multiplication des tests de dépistage. Ils devraient être effectués auprès de tous les voyageurs débarquant encore à l’aéroport (même si le nombre de rotations en provenance de la métropole est passé de 120 à 15 par semaine), des soignants et des personnes fragiles présentant des symptômes, et des nouveaux patients entrant à l’hôpital. Trois laboratoires privés vont soutenir l’action du CHU, permettant de réaliser 700 tests par jour. Des drive-test, où les personnes n'ont pas à sortir de leur véhicule pour se faire dépister, ont déjà été mis en place.
Alors que la Réunion est toujours en stade 2, les pouvoirs publics assurent «anticiper» l'aggravation de l'épidémie. «On travaille d'arrache-pied sur le scénario de centres alternatifs» destinés à accueillir dans les communes les patients les moins graves, a indiqué le préfet de l'île, Jacques Billant. Car 230 lits seulement sont disponibles dans l'ensemble du département pour les malades du Covid… Dans ce contexte, un porte-hélicoptère miliaire, disposant d'une soixantaine de lits médicalisés, doit accoster le 4 avril. Pas de quoi rassurer les Réunionnais : ils sont 14 000 à avoir signé une pétition en ligne pour demander la démission de la directrice de l'ARS, un appel relayé par des médias locaux.




