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Matignon prend ses distances avec le déconfinement

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Afin d’éviter les signaux contradictoires et se dédier à la gestion de la crise, Edouard Philippe a chargé Jean Castex d’organiser le processus devant mener à un retour à la normale.

Edouard Philippe à Paris, le 27 mars. (POOL/Photo Christophe Ena. Reuters)
Publié le 06/04/2020 à 20h21, mis à jour le 06/04/2020 à 20h21

Déconfiner ? Au sommet de l'Etat, la consigne officielle est d'en parler le moins possible publiquement. Ce serait suggérer que la fin de la crise approche et que l'on pourrait commencer à s'affranchir de la distanciation sociale. Ce serait surtout laisser croire que le gouvernement n'est déjà plus mobilisé vingt-quatre heures sur vingt-quatre par la «guerre» contre le virus déclarée il a trois semaines par Emmanuel Macron. A Matignon, on assure que le combat contre l'épidémie occupe le Premier ministre jour et nuit : «Il est entièrement dans l'opérationnel, pas question pour lui de s'occuper d'autre chose.»

C'est pourquoi il a décidé avec le chef de l'Etat de confier la réflexion sur le déconfinement à une équipe dédiée dont ce sera la seule et unique mission. La direction de cette équipe a été confiée à Jean Castex, un haut fonctionnaire de 54 ans qu'Edouard Philippe connaît bien : militant UMP puis LR, il a été directeur de cabinet de Xavier Bertrand aux ministères de la Santé et du Travail, avant de rejoindre l'équipe de Nicolas Sarkozy à l'Elysée. Pour le qualifier, Edouard Philippe lui colle son adjectif fétiche : Castex est, à l'entendre, d'une efficacité «redoutable». C'est déjà ce qui lui avait valu d'être pressenti pour remplacer Gérard Collomb au ministère de l'Intérieur à l'automne 2018. Le chef de l'Etat avait alors reculé devant les protestations de la gauche macroniste qui voyait dans cette nomination la marque de l'influence croissante de la

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