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Les guéris seront-ils immunisés sur le long terme ?

L’hypothèse selon laquelle les patients guéris ne garderaient pas de mémoire immunitaire n’est pas la plus crédible. Néanmoins, rien ne prouve, pour l’heure, qu’avoir été malade du Covid-19 empêche une nouvelle infection.

Publié le 16/04/2020 à 20h06

Pour lire le papier en intégralité : Covid-19 : les personnes guéries sont-elles immunisées ?

La souche Sars-CoV-2 n’est identifiée chez l’homme que depuis quelques mois. Sans recul, il est impossible de savoir avec précision combien de temps le système immunitaire de patients guéris peut empêcher une nouvelle infection.

Des cas de patients initialement testés négatifs au Sars-CoV-2 mais ultérieurement testés positifs ont été rapportés au Japon, en Chine et en Corée du Sud (116 cas en date du 15 avril). L’hypothèse de patients récemment guéris et pourtant dépourvus de mémoire immunitaire n’est pourtant pas la plus vraisemblable, à l’heure actuelle. En effet, certains tests initiaux pourraient avoir été de «faux négatifs», liés à un manque de sensibilité ponctuel des tests, ou des erreurs de manipulation. En outre, il faut tenir compte du fait que les prélèvements destinés aux tests sont réalisés dans les voies aériennes supérieures. Or, la charge virale dans ces prélèvements peut être faible tout en restant importante dans les voies aériennes inférieures. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, selon les recommandations internationales, un patient n’est déclaré «guéri» que si deux tests espacés de plusieurs jours sont négatifs… Ce qui n’exclut pas le risque de deux «faux négatifs».

Les autorités sanitaires sud-coréennes avancent également l’hypothèse de «rechutes», liées à la persistance du virus dans certaines parties de l’organisme. Les patients pris en charge à l’hôpital verraient leur charge virale suffisamment abaissée pour être «négatifs» aux tests, mais seraient toujours porteurs du virus, qui poursuivrait son activité infectieuse après avoir, transitoirement, été maîtrisé par l’organisme et par les traitements.

Spéculer sur la similarité de la mémoire immunitaire associée aux deux précédents coronavirus responsables d’affections respiratoires graves (Sars et Mers) serait hasardeux. Si des cellules spécifiques de la mémoire immunitaire peuvent être détectées chez les anciens malades plusieurs années après la guérison, on ignore si cette mémoire est suffisante pour endiguer une nouvelle infection.

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