Disponibilité des tests, réouverture des écoles (lire pages 2-5), création d'un fichier de données médicales, reprise des transports : alors que le déconfinement vire au gigantesque sac de nœuds pour le gouvernement, parfois empêtré dans des injonctions contradictoires, le Premier ministre s'est efforcé, lundi au Sénat, de répondre aux mises en cause. Sans convaincre les sénateurs (majoritairement à droite) qui ont voté contre le plan gouvernemental à 89 voix, quand 81 l'ont approuvé. Mais celui qui revendique une «humilité combative» y trouve l'opportunité de répéter son mantra du moment : «J'ai eu l'occasion de dire, plusieurs fois, que je ne savais pas tout.» Pris dans le labyrinthe du déconfinement, il peine à cacher son agacement face aux griefs tous azimuts. «La critique est facile et l'art difficile. […] Je ne dénigre pas ceux qui critiquent mais il est souvent plus facile d'avoir un avis sur une décision qu'un autre prend.» Quand certains, comme Philippe Bas (LR), pointent le «trop de flous pour que tout soit prêt» dans six petits jours, le Premier ministre répond : «Ceux qui font les réponses les plus définitives ont rarement eu raison.» Il a surtout insisté sur le «colossal coût social, humain, économique» du confinement. Avant d'annoncer le versement en juin d'une nouvelle aide de 200 euros pour 800 000 jeunes de moins de 25 ans «précaires ou modestes». Face aux doutes de Bruno Retailleau, le chef de file LR, sur la capacité du pays à procéder à 700 000 tests par semaine, Philippe a jugé que le «problème» tiendrait moins au nombre de tests qu'aux «bras», à «la capacité de faire ces tests, de les exploiter, de remonter les 25 personnes qu'une [personne positive] a croisées». Ce qui l'amène à défendre le fichier prévu dans le projet de loi en débat lundi au Sénat, sans lequel «nous n'avons aucune chance de remonter de manière systématique les chaînes de contamination». Sur plusieurs sujets, et notamment la culture et les élections municipales, le gouvernement semble conscient de devoir revoir sa copie.
Édouard Philippe, lundi au Sénat : «Le 11 mai ne sera pas le début de l’insouciance, ce sera le début de la reprise.»
ParLaure Equy
Publié le 04/05/2020 à 20h26
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