La discrétion est l'une des règles d'or de leur métier. Or la crise sanitaire provoquée par l'épidémie de Covid-19 a poussé certains professionnels du funéraire à sortir de leur silence feutré. Sans toujours devenir audibles. La médiatisation n'est déjà habituellement pas à leur avantage. «Tous les ans, à la Toussaint, on passe pour des charognards», se désole Rémi (1), salarié d'une entreprise familiale de pompes funèbres à Vesoul (Haute-Saône). Et la récente polémique autour de Rungis (lire ci-dessous) n'a pas aidé à redorer la réputation de ce secteur qui emploie 24 000 salariés dans près de 4 800 entreprises. L'écrasante majorité de ces sociétés sont des TPE privées, souvent affiliées aux grands opérateurs qui dominent le marché (avec en tête OGF et Funecap, détenus par des fonds de pension). Suite à la fin du monopole public en 1993, la libéralisation des tarifs, à partir de 2003, a accru la concurrence au sein d'un business qui a généré en 2015, selon l'Insee, un chiffre d'affaires annuel de 2,5 milliards d'euros. Mais qui conserve, avec la loi Sueur de 1993, une mission de service public. «En plus d'une question de gros sous, les pompes funèbres cristallisent des enjeux très forts de rites, de salubrité publique, d'urbanisme, d'écologie, qui ne sont pas des préoccupations politiques mineures»,
Deuil
Le blues des «croque-morts» du secteur privé
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Soins de conservation interdit, manque de matériel, pénurie de cercueils, les employés du secteur funéraire ont vu leurs conditions de travail bouleversées par la crise sanitaire.
Dans une entreprise familiale de pompes funèbres à Vesoul (Haute-Saône). (Emmanuel PIERROT/Photo Emmanuel Pierrot pour Libération)
Publié le 09/05/2020 à 17h49
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