Deux mois que les allées labyrinthiques du tribunal pour enfants de Bobigny (Seine-Saint-Denis) sont désertes. Dès lundi, ce calme quittera progressivement les couloirs envahis de dossiers pour laisser place à un semblant de monde d'avant, celui des salles d'attente grouillantes de familles et de cris d'enfants. Aux murs, des affiches préparent ce retour presque à la normale – «Merci de respecter au minimum une distance de 1 mètre» – et des pancartes condamnent un siège sur deux. «On n'est pas à l'arrêt», insiste Pascale Demartini, juge des enfants à Bobigny depuis septembre 2017. Ces dernières semaines, la magistrate et ses 14 confrères de la juridiction ont assuré leur mission, vaille que vaille, entre télétravail et permanences civiles et pénales. Avec un bémol : «On ne tient pratiquement plus d'audiences, alors que c'est l'essentiel de notre fonction.» Comme partout, la crise sanitaire a contraint la justice des mineurs à recentrer son activité sur les urgences, surtout en matière de protection de l'enfance.
Reportage
Audiences à distance au tribunal pour enfants : «C’est moins évident de canaliser l’échange»
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Alors que 3 765 mineurs ont fait l’objet d’une saisine du juge des enfants en 2019, le tribunal de Bobigny s'apprête à reprendre son activité lundi. Avec des mesures barrières qui compliquent un peu plus une justice des mineurs déjà fébrile.
Bobigny, le 2 avril 2020. Au palais de justice de Bobigny, déserté, en pleine crise du coronavirus (Covid-19). (Denis ALLARD/Photo Denis Allard pour Libération)
Publié le 10/05/2020 à 14h24, mis à jour le 10/05/2020 à 14h32
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