Après Air France, Fnac-Darty ou encore le loueur de voitures Europcar, Renault est la prochaine grande entreprise qui devrait annoncer l'obtention d'un prêt garanti par l'Etat pour un montant de 5 milliards d'euros. Les négociations avec les principales banques françaises se sont achevées dans la nuit de lundi à mardi selon les informations obtenues par Libération. L'opération doit maintenant être validée par le ministère de l'Economie, puis approuvée par le conseil d'administration de Renault qui doit, sauf changement de dernière minute, se réunir ce mercredi.
Comme pour Air France, sur ce prêt, l’Etat a accepté d’augmenter sa garantie de 70 % à 90 %, à la demande des banques qui considèrent que le «risque Renault» est élevé. Et pour cause, en avril, la firme au losange a vu ses immatriculations s’effondrer de 71,6 % comparativement à la même période en 2019. Or la crise sanitaire a amplifié la dégradation de la situation financière, déjà passablement mauvaise, du constructeur automobile français. L’an dernier, le groupe a vu son chiffre d’affaires chuter de 3,3 % avec, en prime, un résultat négatif de 141 millions d’euros.
Ce prêt de l'Etat ne devrait pas être le seul coup de pouce dont va bénéficier Renault. Le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, doit annoncer la semaine prochaine un plan de soutien à l'industrie automobile. Son contenu n'est pas encore connu dans les détails, mais il devrait quoi qu'il en soit s'accompagner de contreparties. Et notamment l'obligation pour les constructeurs français de localiser dans l'Hexagone toutes les nouvelles activités liées à la production de voitures ou de batteries électriques, ou encore de véhicules hybrides. En revanche, précise-t-on à Bercy, «il n'est pas question de faire revenir en France des unités de production déjà installées hors des frontières».
Après Renault, une vingtaine de très grandes entreprises devraient encore bénéficier de prêts garantis par l’Etat. Se posera ensuite une question d’importance. Quelle sera leur capacité à rembourser ? Air France comme Renault ne dégagent pas, à ce jour, une rentabilité suffisante pour honorer, en cinq ans maximum, respectivement 7 et 5 milliards de prêts.
Selon un banquier qui a particulièrement suivi ces dossiers, il y aura alors deux solutions pour l’Etat. D’une part, transformer cette dette en capital et augmenter sa participation au sein de ces entreprises, ce qui nécessitera un accord de la Commission européenne. D’autre part, un fonds d’investissement pourrait voir le jour, dans lequel les banques et les principaux assureurs français investiraient au côté de l’Etat. Ce fonds aurait alors vocation à renforcer les capitaux propres des entreprises qui se sont endettées de manière à les aider dans leur remboursement des dettes contractées pendant la crise sanitaire. Une solution de ce type est en ce moment examinée à Bercy. Elle signifie, en tout cas, que le soutien de l’Etat aux entreprises françaises, petites ou grandes, ne prendra vraisemblablement pas fin au 31 décembre.




