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A Vitry-sur-Seine, la tête de liste doublée par un colistier

Publié le 05/07/2020 à 19h31

«Ça ne s'est pas passé comme ça devait…» A Vitry-sur-Seine, dans le Val-de-Marne, un colistier a été élu maire à la place du sortant, pour lequel les électeurs avaient voté au second tour. Samedi, lors du conseil municipal d'installation, les élus ont choisi Pierre Bell-Lloch plutôt que Jean-Claude Kennedy. Le conseiller départemental PCF a été désigné par 27 voix sur 53, contre 11 pour l'ex-maire communiste, qui a pourtant recueilli près de 50 % des suffrages le 28 juin. «Fait assez rarissime, les électeurs se retrouvent avec un maire qu'ils n'ont pas choisi, a déploré l'élu de 69 ans, qui a fait campagne avec le soutien de son parti, des socialistes et des écolos. C'est sans doute la première fois, dans l'histoire de notre pays, qu'un colistier décide de produire un tel acte cinq jours après le suffrage universel.»

Pierre Bell-Lloch, 42 ans, avait demandé un vote à bulletins secrets «pour que les conseillers municipaux ne subissent de pressions», a-t-il expliqué au Parisien. Elu maire de cette ville de 94 000 habitants, il a présenté ses «excuses pour ne pas être parvenu à arriver à un compromis».

Dans un communiqué, le groupe communiste de Vitry-sur-Seine a voulu justifier ce changement de casting : «M. Pierre Bell-Lloch a été élu au sein d'un rassemblement de gauche qu'il a hautement contribué à construire» et qui «s'appuyait sur un programme clair […]. M. Jean-Claude Kennedy, lors des derniers jours ayant précédé l'élection, avait souhaité remettre en cause les accords programmatiques et exécutifs avec nos partenaires d'Europe Ecologie-les Verts, ainsi qu'avec la section du Parti communiste français, venant fragiliser notre majorité municipale». Le groupe explique donc avoir fait le choix de changer de candidat pour «maintenir l'unité de la majorité de gauche».

Selon Pierre Bell-Lloch, les désaccords portaient notamment sur la constitution de l'équipe municipale. Jusqu'à la veille du conseil, il aurait tenté de «lui faire accepter une proposition de liste qui intègre la jeunesse». «Depuis des mois, les débats sont assez fort sur la construction de la liste. Nous ne sommes pas arrivés au consensus, s'il avait accepté, il aurait été élu maire», a-t-il assuré.

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