Nicolas Demajean reproduit le bruit du 4x4. «Wou-ou-oum», quelque chose de cet acabit-là. Un peu doux, un peu long, un peu mélodieux : au son, le moteur a l’air parfait pour une fuite dans les champs, la forêt ou que sait-on. Villefranche-Saint-Phal est un tunnel noir la nuit, quoique bien plus lumineux que ce malheur national non-élucidé : par dizaines, et sur l’ensemble du territoire, des animaux de ferme sont retrouvés balafrés, mutilés et morts. Parfois privés d’oreille ou de sexe. La piste satanique n’est pas écartée, tout ça en temps de pandémie - la psychose ne chôme définitivement plus.
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Le lundi 24 août après 23 h 30, l'agresseur aurait filé avec un complice en voiture. Après avoir tailladé trois des dix-sept équidés, puis le bras de notre hôte, lequel ne se déplace presque plus sans béquille depuis que cancer et diabète le torturent. Coup de serpette reçu devant la porte de son refuge. «Elle est rentrée dans ma peau.» Coup de canne en représailles. «C'était l'adrénaline, je n'ai pensé qu'aux bêtes.» Pépette, une femelle pitbull croisée labrador, a été lâchée à leurs trousses. Elle a de beaux yeux et une gueule de brute à roder devant les enfers. Dans une vie pas si lointaine, elle bouffait des petits chiens, quand ses ex-maîtres se faisaient des sous




