Un enjeu sanitaire face à un enjeu d’inclusion. Depuis que le port du masque est obligatoire, les personnes sourdes ou malentendantes se sentent grandement isolées. Impossibilité de lire sur les lèvres, difficulté à capter les émotions, très longs délais de livraison des masques transparents… Les problèmes sont nombreux. Témoignages.
«Entourée de gens, je me sens plus seule qu’autre chose»
Virginie, 27 ans, entomologiste, La Rochelle.
«J’ai un nouveau copain depuis peu et c’était très compliqué les premiers rendez-vous car dans les musées, les expositions ou les aquariums, on ne pouvait pas discuter. Donc on se voit presque exclusivement chez nous, on ne fait pas grand-chose. Je ne sors plus avec mes amis en ville car la discussion est impossible avec les masques. J’aimais bien me promener sur le port ou aller dans les musées mais maintenant je me sens plus seule qu’autre chose entourée de gens, donc j’ai arrêté. Chaque interaction est devenue mystérieuse pour moi.
«Quand je fais du covoiturage, je préviens toujours la conductrice, même si c’est précisé dans mon profil que je n’entends pas, ainsi que les gens de la voiture. Mais ça reste super gênant de croiser les regards parce que je me demande s’ils sont en train de me parler et si je suis super malpolie si je ne réponds pas… Vendredi, la fille à côté de moi a écrit sur son téléphone qu’elle était désolée que ce soit si compliqué pour moi et elle espérait que le trajet n’était pas long. Et c’est tout. Elles ont discuté à trois tout le reste du trajet. Mais ce n’est pas grave, j’ét




