«Bonjour c'est pour une douche, un menu, ou les deux ?» Derrière son vaste comptoir, Julia s'affaire à prendre les commandes. Au menu ce lundi soir, un gratin d'endives et une combinaison entrée, plat, dessert pour 15 euros. Depuis 18h30, la jeune employée du restaurant l'Envol accueille les routiers en quête d'un repas chaud et d'une douche. Mais confinement oblige, les gérants de cette enseigne située à la périphérie de Lille ne peuvent pas servir en salle. Ici, la consigne est simple : on peut commander son menu mais il faut le savourer dehors. Christophe est un client régulier de l'Envol. Chauffeur routier «à l'international», il entame aujourd'hui sa troisième semaine consécutive sur le bitume. Ce soir, il fait trop froid pour manger sur le parking, alors, celui qui aime se faire appeler «le Baron», dînera seul dans sa cabine de 5m2 : «Avant il y avait une bonne ambiance le soir. On aimait bien se retrouver pour discuter avec les autres routiers, cela me manque car c'était mes seuls moments de sociabilité», confesse-t-il.
Christophe, alias le Baron, après sa douche.
Libération
Des conditions d’accueil jugées intolérables
S'ils doivent se contenter d'un tête à tête avec le volant, tous les routiers présents ce soir en attestent : ils font partie des chanceux. Sur les quelque 10 000 restaurants à destination des routiers et des ouvriers présents sur le territoire national, seule une poignée est restée ouverte. «Beaucoup de restaurants




