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Reportage

«Savoir qu’on pouvait acheter des bijoux à Auchan me rendait dingue»

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Les petits commerçants bordelais, qui restent très remontés contre le gouvernement, affirment lutter pour leur survie.

Dans le centre-ville de Bordeaux mardi, où des commerçants proposent du «click and collect» pour ne pas fermer totalement. (PHOTO Thibaud Moritz pour Libération)
ParEva Fonteneau
correspondante à Bordeaux
Publié le 03/11/2020 à 20h31

Le message est bref mais percutant : «On veut travailler.» Ces trois mots, dessinés en lettres capitales à l'encre rouge, flottent au-dessus du rideau métallique d'un magasin de prêt-à-porter, sur une banderole blanche, en plein centre de la capitale girondine. Ils résument la pensée de nombreux professionnels bordelais contraints de fermer boutique pendant le confinement. Depuis quelques jours, doucement, la colère monte chez ces petits commerçants qui décrivent tous, en boucle, un «sentiment d'injustice». Pourquoi sont-ils obligés de stopper leur activité alors que les grandes surfaces restent ouvertes ? Pour calmer le jeu, le Premier ministre a annoncé dimanche que les rayons «non essentiels» des grandes surfaces fermeraient à partir de mardi. Mais cela ne suffit pas à apaiser les Bordelais.

«Oui, c'est vrai, ça me rendait dingue de savoir que des gens pouvaient acheter des bijoux à Auchan pendant que nous, on était obligés de rester à l'écart. C'est de la concurrence déloyale, surtout à quelques semaines des fêtes. Ce sont les mois de l'année où on vend le plus», souligne Charlotte, gérante de la boutique Apache bijoux.

Mais pour la jeune femme, cette nouvelle mesure imposée aux géants du commerce ne règle pas le problème de fond. «Nous, tout ce qu'on demande, c'est de pouvoir continuer à accueillir des clients. On ne comprend pas leur logique. Et c'est cette incompréhension qui fait râler : pourquoi eux et pas nous ? Il y a beaucoup

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