Depuis deux semaines, il trépignait sur son siège. Jugé pour corruption et trafic d’influence dans l’affaire des écoutes, une première pour un ancien chef d’Etat sous la Ve République, Nicolas Sarkozy attendait de pouvoir enfin dire sa vérité sur cette «infamie». Dans la salle d’audience du tribunal de Paris, plusieurs de ses proches sont venus le soutenir ce lundi, dont ses deux fils aînés, assis au premier rang. «C’est la première fois que j’ai le sentiment que je vais pouvoir m’expliquer», attaque l’ancien président à la barre. Dès les premières minutes, il peine à rester en place, parlant avec de grands gestes, sans parvenir à contenir son agitation. «Pardon», s’excuse-t-il plusieurs fois. Mais il a tant à dire sur ce dossier «grotesque» qui remonte à 2014, basé sur des «écoutes téléphoniques coupées, tronquées, reconstruites». Et a désormais à cœur de répondre à toutes les questions, y compris celles sur les conversations elles-mêmes, auxquelles a refusé de se soumettre son avocat Thierry Herzog au nom de la violation du secret professionnel. Alors que le tribunal avait ordonné la diffusion des écoutes à l’audience, l’idée a été rapidement abandonnée suite à un problème technique, et la présidente a dû se contenter d’en lire les retranscriptions.
A la barre
Sarkozy au procès des écoutes : «Ma vie a été de donner des coups de pouce»
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Entendu lundi par les juges, Nicolas Sarkozy a dénoncé un dossier «grotesque» et l’absence de tout pacte corruptif, affirmant avoir proposé d’intervenir en faveur du magistrat Gilbert Azibert à la demande de son avocat, qui lui aurait demandé ce «service» pour son ami.
Nicolas Sarkozy quittant l'audience de son procès en correctionnelle, le 30 novembre. (Benoit Tessier/Photo Benoît Tessier. Reuters)
Publié le 07/12/2020 à 23h15
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