C’est l’autre réforme emblématique du quinquennat encore en souffrance. La révision de l’assurance chômage est entièrement suspendue depuis cet été et l’arrivée de Jean Castex à Matignon. En cause : le contexte économique bouleversé par la crise du Covid-19, qui a frappé en premier lieu les travailleurs les plus précaires, ceux qui alternent les CDD et les périodes d’inactivité. Et qui sont à deux titres les principales cibles du texte : d’abord parce qu’il leur faudrait travailler plus longtemps sur un laps de temps plus court pour prétendre à une indemnisation, ce qui privait déjà près de 20 000 personnes d’une ouverture de droits chaque mois lorsque ce volet était appliqué de novembre 2019 à février 2020 (1) ; ensuite parce qu’en raison d’un nouveau mode de calcul de ladite indemnisation, cette dernière pourrait se voir considérablement rabotée pour plus de 800 000 personnes au cours des prochains mois (1).
Nuisible
Avec ses reports, le gouvernement a donc admis, même si ça n'était qu'en creux, que ce texte élaboré alors que le chômage refluait est aujourd'hui plus nuisible qu'autre chose. Pourtant, il n'en démord pas : il compte bien mettre en œuvre la réforme «non pas "quoi qu'il en coûte", mais "coûte que coûte"», ironise Michel Beaugas, de Force ouvrière. Une nouvelle date est d'ailleurs fixée depuis plusieurs semaines : celle du 1er avril. Avant cela, la ministre du Travail, Elisabeth Borne, a annoncé de nouvelles discussions avec les organisations syndical




