Et surtout la santé, évidemment. On se rendra, mercredi matin, aux vœux à la presse du parti Les Républicains (LR). Le format, un peu convenu, est prisé des grandes formations politiques : les quelques politesses qu’on y présente aux journalistes sont surtout l’occasion de commenter l’actualité, et de faire connaître les grands rendez-vous des mois à venir. Imaginons une ligne supplémentaire à l’exercice : elle verrait le parti énoncer ce qu’il se souhaite à lui-même pour l’année nouvelle. Les sujets, c’est sûr, ne manqueraient pas, chez une droite à l’avenir mal assuré.
• Sarkozy blanchi
C'est le rêve de toute une droite orpheline de «Nicolas». L'ancien chef de l'Etat sera fixé sur son sort le 1er mars, dans l'affaire dite «des écoutes» : quatre ans de prison, dont deux ferme, ont été requis contre lui fin 2020 dans ce dossier où il est soupçonné de corruption et de trafic d'influence. Suivra, presque aussitôt, le procès de l'affaire Bygmalion où il devra répondre d'un possible financement illicite de sa campagne de 2012. Sarkozy, enfin, reste mis en examen dans l'affaire des fonds libyens qui vise, elle, sa campagne de 2007. Une ou plusieurs condamnations entacheraient un personnage auquel bien des membres de LR maintiennent leur loyauté. Allant jusqu'à souhaiter – on n'ose pas encore le dire trop fort – sa candidature en 2022.
• Le Covid maîtrisé…
La droite n'a que des raisons de le souhaiter. Parce qu'on n'y apprécie pas plus qu'ailleurs cette désastreuse épidémie, qui a sévèrement touché le président de LR, Christian Jacob, et plusieurs députés l'an passé. Mais aussi parce que son reflux conditionne la tenue des élections départementales et régionales de juin. Echéances réputées favorables aux sortants de droite, mais qui seront reportées, peut-être au-delà de la présidentielle, si les conditions sanitaires d'une campagne équitable ne sont pas réunies au printemps.
•… mais Macron empêtré
LR le sait : dans son état actuel, le parti peut moins compter sur ses propres prouesses que sur les faux pas de ses adversaires. «Notre victoire, c'est l'échec de LREM», y raisonnait-on déjà après les municipales. Ces derniers mois, on a donc exploité à fond les difficultés de l'exécutif au sujet des masques, puis des tests et enfin de la campagne de vaccination. Sans rater une occasion de dresser une désavantageuse comparaison vis-à-vis de l'Allemagne, ou de tout pays réputé plus performant que la France dans la lutte contre le virus. Que l'épidémie disparaisse… mais que les ratés de sa gestion soient pour le macronisme un coup fatal.
• Les régionales remportées
Elles ne furent pas si nombreuses depuis 2017, mais les bonnes nouvelles, chez LR, sont souvent venues du terrain. Les municipales, malgré la part de Marseille et Bordeaux, ont maintenu la grande masse des sortants de droite. On n'en attend pas moins – si elles ont lieu – des prochaines départementales et régionales. La droite contrôle sept des treize régions métropolitaines, dont les deux poids lourds économiques et démographiques d'Ile-de-France et d'Auvergne-Rhône-Alpes. En découlent bien des avantages : considérables leviers opérationnels, capacité d'entretenir une foule d'élus et de collaborateurs, visibilité nationale des patrons de régions… et incubateur à candidats présidentiels. Parmi les principaux présidentiables de droite, trois – Bertrand, Pécresse, Wauquiez – émargent à l'échelon national.
• Les primaires évitées
Que le scrutin régional suffise à dégager le futur candidat à l'Elysée, c'est le vœu le plus cher de la direction de LR. Un champion indiscutable, désigné par l'ampleur de sa victoire et sa position sondagière : on pourra, à ce prix, jeter aux oubliettes le système de la primaire, tenu responsable de l'échec de 2017.
• Un candidat à la hauteur de ses promesses
Présenter un candidat unique : condition nécessaire, mais non suffisante à la survie de la droite. Encore faut-il être à la hauteur de la tâche. «Si Xavier Bertrand est dans le match, à 15% ou 20% dans les sondages, personne à droite ne mouftera, prévoit un soutien du patron des Hauts-de-France. Par contre, avec un candidat à 8% ou 10%, le groupe ne tiendra pas.» La droite a payé pour le savoir, en 2017. L'accès au second tour ne lui est plus acquis, et le plus rassurant des candidats peut s'avérer un mauvais pari. Tirer le bon numéro : c'est aussi la condition pour que LR, dans les années à venir, soit encore en situation de présenter ses vœux.




