La plupart des rideaux de fer sont encore baissés sur le haut de Mouffetard, emblématique rue commerçante du Ve arrondissement de Paris. Peu avant dix heures du matin, certains ouvrent dans un fracas qui résonne sur des pavés où ne se presse pas grand monde. Les boulangeries happent les rares clients, emmitouflés dans leurs manteaux. Sacha est en train de préparer des sandwichs pour le midi. «Ça va être l'essentiel du chiffre d'affaires maintenant, explique-t-il. Avec la fermeture à 18 heures, on va perdre peut-être 200 euros tous les soirs.»
Gérant de la boulangerie Yvan, il ne baisse pas les bras. «Ici tous les commerçants résistent, on n'a pas le choix, souffle-t-il avec un léger sourire et des yeux bienveillants. On était déjà très touchés parce qu'on vit beaucoup des touristes et des étudiants qui ne sont plus là depuis longtemps.» Le plus gros coup dur pour cette boulangerie familiale a été la fermeture des bars et des brasseries autour de la place de la Contrescarpe, qui leur achetaient la moitié de leur pain.
Sacha, de la boulangerie Yvan.
Photo Stéphane Lagoutte. Myop pour Libération
Un peu plus bas, Cécile Claris tient une boutique de souvenirs et cadeaux. Elle est la présidente de l'association des commerçants du haut Mouffetard. «Ça fait quarante ans que je suis




