Deux hypothèses sur le chômage L'AGGRAVATION CONTINUE du chômage depuis vingt ans est une singularité des pays de l'Union européenne et tout particulièrement de la France. Pareille tendance n'existe pas aux Etats-Unis, où les périodes de croissance du chômage ne sont que transitoires. Plus encore, elle a épargné le reste de l'Europe Autriche, Suisse et pays nordiques qui, en tout cas jusqu'en 1991, semble avoir traversé, sans dommages pour l'emploi, les mêmes turbulences qui ont affecté l'Europe de la CEE. Depuis, dans certains de ces pays, le chômage connaît certes une nette aggravation, mais il est trop tôt pour juger de sa nature.
Deux hypothèses, qui ne s'excluent pas forcément, peuvent expliquer ces divergences d'évolution.
Selon la première, les politiques macroéconomiques dans les pays communautaires auraient été maladroites, ou insuffisamment «coopératives» pour traduire dans les faits les nouvelles solidarités que la construction européenne exigeait. Poursuivant un seul objectif celui de la construction européenne, qui impliquait le choix d'un certain type de désinflation les gouvernements ont cru qu'ils ne pouvaient s'en distraire pour réduire le déséquilibre du marché de l'emploi. Dans cette interprétation, le chômage apparaît comme le coût «involontaire» associé à un changement de régime dont on attend des bénéfices futurs considérables. Elle ne contient aucun jugement de valeur, car il n'est pas de voie plus efficace pour l'avenir que celle de la construct




