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Publié le 24/12/1994 à 23h21

LES INVESTISSEURS ont descendu vendredi la dernière bouteille du

millésime boursier 1994. Non sans tituber. Après avoir bu le calice du krach obligataire jusqu'à la lie, les gestionnaires sortent lessivés des douze liquidations qui ont jalonné l'année. Le bilan global affiche une chute de 15% pour l'indice CAC 40. Cette performance est la plus mauvaise du baromètre du Palais Brongniart depuis quatre ans. Début janvier, les opérateurs croyaient que le scénario rose de 1993 (+22%) allait se reproduire. Le réveil a coûté cher.

Aujourd'hui les gestionnaires se retrouvent avec des portefeuilles d'actions et d'obligations dépréciés. Les zinzins souffrent d'un manque d'argent après une année marquée par des augmentations de capital en série et la poursuite du programme de privatisations Balladur . Au total, plus de 100 milliards pompés par le marché.

La loi des taux Le krach obligataire a tout emporté sur son passage. A Paris, le rendement de l'OAT 10 ans, à 5,60% fin 1993, a atteint des niveaux records de 8,50% (début novembre) pour finir l'année à 8,07%. Les investisseurs ont été, en 1994, obnubilés par trois craintes: le retour de l'inflation, la surchauffe économique et l'explosion des déficits publics. Les investisseurs détestent le laxisme. Quand ils prêtent de l'argent à un Etat qui cumule les dettes, ils finissent par douter de sa capacité de remboursement.

Le vent mauvais qui a soufflé sur l'ensemble des places européennes s'est levé aux Etats-Unis le 4 février. Pour la premi

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