Finalement, la «prime Balladur», que certains qualifiaient au début
de l'année de «gadget», aura dopé les ventes d'auto de 15,4% (Libération d'hier). Beau succès: se souvient-on que l'observatoire de l'automobile prédisait en décembre dernier une baisse de 3% des ventes pour 1994? Autre avantage, 230.000 vieilles voitures supplémentaires ont été retirées de la circulation, rendant du même coup la route plus sûre. Enfin, la mesure n'a guère coûté au gouvernement puisqu'il a récupéré d'une main, grâce à la TVA, la majeure partie de ce qu'il a distribué de l'autre (les 5.000 francs). Certes, les analystes rabat-joie, à commencer par Jacques Calvet, patron de PSA, dénoncent une année en trompe l'oeil, les consommateurs ayant,, selon eux, simplement anticipé leurs achats, pour profiter de la «balladurette». Mais pas de quoi gâcher le plaisir du Premier ministre, qui peut être fier de voir son nom accollé à cette prime. Mais qui est le véritable auteur de cette trouvaille? Dans l'ombre des ministères, dans les états-majors des constructeurs automobiles, plusieurs hommes discrets ont l'intime conviction d'en être le père. Ce type d'idée, il est vrai, fait souvent du chemin avant de se transformer en décision. On retrouve sa trace dès le milieu des années 1980, puisque Philippe Lamirault, directeur commercial de la régie Renault jusqu'en 1984, avait proposé une prime du même genre. Philippe Lamirault, dont le Who's Who dit qu'il est, depuis 1989, «éleveur de moutons» à Thiron-Garda




