Règlements de compte autour de L’Oréal
- L'AFFAIRE L'Oréal est morte, vive l'affaire Bettencourt? Depuis quelques jours, par journaux interposés, les protagonistes d'une affaire que nous avions longuement exposée dans Libération (depuis mai 1991) ont déterré à nouveau la hache de guerre. Avec d'un côté Jean Frydman, de nationalité française et israélienne: évincé de son poste d'administrateur d'une filiale du groupe des cosmétiques, il avait accusé L'Oréal de se plier aux exigences de la Ligue Arabe qui boycottait Israël. Et de l'autre, André Bettencourt, président du holding qui contrôle L'Oréal, époux de Liliane (la fille du fondateur, Eugène Schueller, militant pronazi pendant l'Occupation).
Le premier a compilé dans une brochure distribuée à la presse, les articles antisémites et national-socialistes écrits par le second dans la Terre Française, au cours des années 1940-1941. Citation: «Pour l'éternité leur race est souillée par le sang du juste. Ils seront maudits de tous. Ils ont condamné Dieu sans même vouloir reconnaître leur ignominie, le regretter...» Les écrits collabos de Bettencourt étaient connus (Libération, 14 mai 1991). Mais Jean Frydman va plus loin: l'ancien membre des commandos de la Résistance affirme qu'André Bettencourt n'a jamais été, comme il le prétend, délégué du Conseil national de la Résistance à Genève. L'attaque devrait se poursuivre sur la mise en cause des titres de résistant de Bettencourt et de sa rosette de la Résistance remise par Mitterra




