Les Asiatiques demandent une rénégociation de leur dette qui
s'alourdit.
Show business et business font bon ménage. De retour depuis un mois d'une tournée triomphale au Japon, les Rolling Stones se penchent aujourd'hui avec satisfaction sur le marché des changes. Pas fous, les Stones ont en effet souhaité un paiement en yens et non en dollars. La poussée de fièvre de la devise japonaise a donc considérablement augmenté le montant du cachet qu'ils doivent percevoir: les 2 milliards de yens promis valent aujourd'hui 24 millions de dollars, soit 2 millions de dollars (10 millions de francs) de plus qu'au moment de leur passage au Japon.
Cette histoire est anecdotique au regard des graves difficultés qu'entraîne l'appréciation de la monnaie nipponne pour les pays pauvres de l'Asie. Et pour cause: ils sont les premiers bénéficiaires des prêts accordés par l'Etat japonais au titre de l'aide au développement. Largesses libellées en yens, naturellement. Or, les monnaies de tous les pays de la zone, liées au dollar, s'effondrent dans le sillage du billet vert. C'est donc avec une monnaie dépréciée que ces pays doivent rembourser le principal et les intérêts de leurs dettes. Et la facture ne cesse de s'alourdir.
En 1993, le Japon, qui se flatte d'être le premier pourvoyeur d'aide publique du monde, a accordé pour 11,5 milliards de dollars (56,5 milliards de francs) de prêts aux pays de la zone, Chine en tête. Certes, ces avances sont généralement accordées sur un très long terme (vingt a




