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Interview

Nobuya Nemoto : ""pas de chiffre mais un changement de ton""

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Publié le 15/04/1995 à 2h59

Nobuya Nemoto, économiste, ne désespère pas d'un effet à long terme.

Tokyo, de notre correspondante Le plan de relance suffira-t-il à freiner la hausse du yen?

Le grand problème, c'est qu'il ne contient rien de concret: ni chiffres, ni date de mise en oeuvre. Du coup, le marché a été très déçu. A la Bourse, l'indice Nikkei a baissé de 2,5% et, sur le marché des changes, le yen est resté stable. Je suis d'accord avec les marchés pour penser que le plan n'aura sans doute pas d'effet à court terme. Mais ils sous-estiment deux points essentiels. Premièrement, pour financer son programme, le gouvernement annonce qu'il pourrait émettre des emprunts de déficit et non plus seulement de construction (1). C'est un très grand changement de la part du ministère des Finances, qui refusait catégoriquement, depuis quatre ans, tout accroissement du déficit budgétaire. Selon des sources proches du gouvernement, le déficit budgétaire pourrait atteindre 10.000 milliards de yens (550 milliards de francs). Là-dessus, une partie correspond à des dépenses déjà annoncées (financement de la reconstruction de Kobe par exemple) et le reste, 2.000 à 3.000 milliards de yens, à des dépenses vraiment nouvelles liées aux mesures prévues par le plan: aide aux PME, soutien à l'emploi, grands travaux.

Le deuxième point intéressant est que le plan vise une amélioration rapide des créances douteuses des banques. Le gouvernement annonce qu'il envisage sur ce point des «politiques non conventionnelles». Ça aussi, c'

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