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Libération
Reportage

Au Viêt-nam, le business chinois repart de plus belle.

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Les affaires tournent dans le Chinatown de l'ex-Saigon

ParAlain LEBAS
Ho Chi Minh-Ville, envoyé spécial
Publié le 21/04/1995 à 2h50, mis à jour le 21/04/1995 à 2h50

Cholon, le Chinatown de Ho Chi Minh-Ville (ex-Saigon) revit. Dès l'aube, les larges avenues de Tran Hung Dao et Nguyen Trai, et le damier des ruelles adjacentes au marché central sont envahis de nuées de motos pétaradantes qui disputent la chaussée aux marchands ambulants et à des dizaines de milliers de vélos. Signe des temps, les vélos, qui forment encore d'inextricables pelotons, sont de plus en plus remplacés par des hordes de Honda Dream ou de Suzuki Crystal. Neuve, directement importé d'Indonésie ou de Thaïlande, la Honda Dream, un cyclomoteur 100 cm3, coûte 15.000 francs, cinquante fois le salaire mensuel d'un fonctionnaire. Signe extérieur de richesse, la Honda Dream est un bon investissement dans un Viêt-nam communiste en pleine mutation. «Tous ceux dont le niveau de vie s'est sensiblement amélioré ces dernières années échangent leurs vélos contre des Honda Dream», confie Do Quoc Trung, gérant du «magasin d'import-export N9» près du carrefour Nga Sau, où sont concentrés les vendeurs de motos de Cholon. Do Quoc Trung, 21 ans, a su profiter de cette passion des Vietnamiens pour la Honda Dream. Chemise Lacoste, visage radieux, le jeune entrepreneur raconte: «Nous importons les véhicules en pièces détachées que nous faisons passer pour des pièces de rechange pour alléger la taxe d'importation. Nos mécaniciens les rassemblent ici même dans les entrepôts. C'est pourquoi nous pouvons proposer nos Honda 200 dollars de moins que le prix affiché au centre-ville.» A Cholon,

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