Chrysler entre l'OPA et le coup de bluff
Dix jours après son annonce choc, les objectifs de Kerkorian restent confus.
Les OPA flamboyantes à la mode des années 80 ne fascinent plus l'Amérique et les Américains. Un peu plus de dix jours après la déclaration fracassante du milliardaire Kirk Kerkorian annonçant son intention de lancer une OPA sur la totalité des actions du groupe automobile Chrysler, le climat d'indifférence, voire d'hostilité, autour de cette opération s'amplifie. Et la thèse du coup de bluff se renforce...
Vendredi, la banque d'investissement américaine Kohlberg Kravis and Roberts (KKR), qui fut la grande spécialiste des rachats d'entreprises à crédit, a fait savoir qu'elle n'était pas intéressée par Chrysler. Dans un communiqué officiel, les responsables de l'établissement ont éprouvé le besoin de préciser «qu'ils n'avaient eu aucune conversation avec Kirk Kerkorian ou son associé dans cette aventure Lee Iacocca» l'ancien PDG de Chrysler et qu'elle ne serait «pas intéressée par un rachat du constructeur automobile, seule ou en commun avec d'autres investisseurs».
Pourtant, on ne peut pas dire que ce soit la dimension de l'offre de Kerkorian 22,8 milliards de dollars soit 55 dollars l'action qui inquiète KKR. La banque détient en effet le record historique du plus gros montant jamais payé lors d'un rachat d'entreprise: c'était en 1988-1989 lorsque Kohlberg Kravis and Roberts mettait 25 milliards de dollars sur la table pour devenir le propriétaire du groupe a




