Les banquiers russes ont un bon appétit pour le gâteau industriel
Le gouvernement privatise les derniers poids lourds de l'économie.
Moscou, de notre envoyée spéciale La prochaine bataille des privatisations russes promet d'être mouvementée. En plus des directeurs des grands conglomérats industriels, qui ont jusqu'ici plutôt profité du désengagement de l'Etat pour conforter leur pouvoir, des investisseurs étrangers alléchés par de nouveaux marchés, et des bureaucrates de l'administration centrale ou des régions, il faudra désormais aussi compter avec les banques privées russes. Ces dernières mènent actuellement un véritable bras de fer pour obtenir leur part du gâteau la plus grosse, il va de soi dans cette course aux actions.
Le mardi 28 mars, au cours d'une rencontre avec le gouvernement, Vladimir Potanine, président d'Oneximbank, annonce la couleur: lui et huit autres banques, parmi lesquelles Inkombank, Menatep, Stolichnii, Imperial et Tokobank, mettent à la disposition du gouvernement 9.000 milliards de roubles (9,2 milliards de francs), soit exactement la somme que Moscou attend, dans un premier temps, du futur programme de privatisation. En échange, ce consortium deviendrait actionnaire de référence des entreprises concernées et prendrait donc sous son contrôle des pans entiers de l'industrie.
A la différence de la première vague de 1992-1993, où près de quatre-vingt-cinq mille petites entreprises avaient rompu le cordon ombilical avec l'Etat, selon une étude de la Ba




