«Dieu reconnaîtra les siens»: voilà comment parle l'homme qui aurait
fait perdre au Crédit Lyonnais cinq milliards de francs dans l'immobilier. Presque cent franc par Français. Il a toujours le sourire, la poignée de main franche et, ce vendredi 12 mai, il a mis une chemise couleur fuschia pour inaugurer devant les notables de Théoule-sur-Mer la première grande réalisation de sa nouvelle vie. Pelège le Retour, on y est, avec onze mille mètres carrés construits à flanc de rocher dans l'un des derniers sanctuaires de l'Esterel.
Pelège, ex-empereur de la promotion immobilière, que l'on croyait fini, éreinté, ruiné, renaît de ses cendres et n'a qu'un seul commentaire pour le passé: «J'ai été le premier à dire qu'il y avait une crise dans l'immobilier et j'ai payé pour cela. J'ai recommencé en mars 1993 avec une seule secrétaire et voilà où j'en suis.» Aujourd'hui, vingt-sept mois plus tard, il dirige un groupe immobilier qui génère 300 millions de chiffre d'affaires et dégage bon an mal an une trentaine de millions de francs de profit. Le Crédit Lyonnais qui lui avait prêté jusqu'à huit milliards de francs, a logé ses créances dans l'OIG, la structure qui recueille tous les cadavres de la banque, et estime à cinq milliards les pertes sur cette créance. Michel Pelège, pour solde de tout compte était parti fin 1992 avec un chèque dont le montant reste inconnu mais qui serait tout à fait confortable. Et qui lui a permis de rebondir. Sans remords, sans rancune, et sans bruit.
La carriè




