Les Etats se fabriquent à coups de guerres et la guerre a besoin de
la finance pour se développer. L'histoire de la France se lit donc au travers de celle de la finance. Quant à l'acte financier, il implique nécessairement, contrairement à l'acte commercial, la référence «à la souveraineté pour s'exercer». En 400 pages très documentées, Jean-Marie Thiveaud développe cette théorie pour décortiquer l'aventure de l'argent et des grands argentiers des origines à 1775. L'archiviste-paléographe, conseiller historique de la Caisse des dépôts et consignations, a d'abord longtemps recherché l'origine du mot finance, que l'on retrouve quasiment à l'identique dans les principales langues de «l'occident chrétien». «Il aurait été forgé sur le substantif finis, la fin, la limite, le terme, la mort, ou encore sur le verbe finio, finir, achever, mourir.»
Dès le XIIIe siècle naissent les mécanismes de l'endettement, et au XVe siècle le règne de l'argent trouve son symbole avec Louis XI qui acquiert «à prix d'or le soutien de Dieu, de la Vierge et de tous les Saints». Cent cinquante ans plus tard, en 1653, c'est l'heure de la tontine, «opération financière fondée sur la vie humaine». Avec Louis XIV, la dette publique devient instrument politique. Au lendemain de son règne, le système Law entre en scène, le papier monnaie fait fureur et ruine la France entière tombée dans la spirale de la grande spéculation, une expérience que l'auteur ne diabolise pas, à la différence de nombreux historiens. L




