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Libération

Les constructeurs autos japonais au pied du mur. Les sanctions américaines leur porteraient un rude coup.

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Publié le 18/05/1995 à 4h55

Tokyo, de notre correspondante

Si l'annonce faite hier des sanctions américaines contre les véhicules haut de gamme japonais laisse encore le temps aux négociateurs de trouver un compromis, les constructeurs automobiles nippons sont au pied du mur. Les sanctions seront applicables au plus tôt le 28 juin mais avec un effet rétroactif au 20 mai.

En pratique, les sanctions (une surtaxe de 100% sur treize modèles de véhicules de luxe) rendraient impossible la vente de ces voitures sur le marché américain. Le prix d'une Toyota Lexus, version standard, passerait de 30.000 à 60.000 dollars (plus de 300.000 francs). Pour le président de l'association japonaise des constructeurs (Jama), Yoshifumi Tsuji, cela signifie que «les exportations de voitures de luxe japonaises vers les Etats-Unis seront ramenées à zéro». En 1994, les Japonais ont vendu 200.000 de ces modèles aux Etats-Unis. Yoshifumi Tsuji, également président de Nissan, estime que la production domestique de son groupe pourrait baisser de 50.000 unités par an. Quant à Mitsubishi, il persiste dans l'intention de délocaliser en Australie sa production de «Diamante» quatre portes, visées par les sanctions, un projet toutefois à l'étude depuis novembre.

Si les sanctions sont réellement appliquées, tous les véhicules importés à compter du 20 mai, de même que les stocks des concessionnaires nippons aux Etats-Unis, devraient être réexpédies au Japon. Or les constructeurs exportent environ la moitié de leur production haut de gamme

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