Tokyo,
de notre correspondante Sony a annoncé hier une perte nette historique de 3,3 milliards de dollars (environ 16,5 francs), conséquence attendue de la décision de la direction du groupe en novembre de nettoyer les comptes de sa filiale cinéma. Le groupe japonais avait créé la surprise, on s'en souvient, en annoncant une gigantesque provision destinée à couvrir la dépréciation de ses studios de cinéma à Hollywood, Columbia et TriStar, rachetés trop cher il y a cinq ans. On aurait pu croire que la nomination d'un nouveau président quelques mois plus tard annoncerait un changement de stratégie du géant japonais. Certains observateurs à Tokyo et à Hollywood avaient même parié sur un désengagement partiel ou complet du cinéma. Comme l'a fait dernièrement le grand concurrent de Sony, le groupe Matsushita, en cédant le contrôle du studio MCA.
Pari perdu. «Nous allons renforcer les synergies entre l'électronique grand public et les activités cinématographiques et musicales», ont souligné hier les dirigeants de Sony.
Et dès l'an prochain, le groupe prévoit de renouer avec les bénéfices, malgré la hausse du yen et la lenteur de la reprise au Japon. La nomination de Noboyuki Idei, 57 ans, à la tête de Sony, en avril, marque néanmoins une étape importante dans la gestion du groupe, dirigé jusqu'ici par des présidents charismatiques tous issus de l'équipe des fondateurs. A l'opposé de ses prédécesseurs, le nouveau numéro un de Sony est un homme discret. Et il ne dirige pas seul: le gro




