Tokyo, de notre correspondante
Dans le rouge comme Nissan ou Mazda, ou en bénéfice comme Toyota, Honda ou Mitsubishi Motors, les constructeurs japonais, qui ont annoncé cette semaine leurs résultats pour l'année écoulée, ont tous présenté la facture de la hausse du yen. A les croire, l'addition est salée: 4,6 milliards de francs pour Toyota, 4,2 milliards pour Honda, un peu plus de 4 milliards pour Nissan... «Une hausse du yen par rapport au dollar nous coûte 8 milliards de yens» (près de 500 millions de francs), commente-t-on chez Nissan. Le deuxième constructeur nippon a annoncé hier une perte nette consolidée de 166 milliards de yens, soit 9,6 milliards de francs.
Le débat sur les conséquences de la hausse du yen n'est pas nouveau au Japon et il est, comme toujours, à double tranchant. Les Etats-Unis en rejettent la faute sur les Japonais, accusés de fermer leur marché aux Big Three de Detroit et d'accumuler de ce fait des excédents commerciaux qui entretiennent la force du yen. Quant aux constructeurs nippons, s'ils s'en plaignent à grands cris, ils s'en servent aussi pour justifier les sacrifices réclamés à leurs salariés et légitimer une politique de délocalisation qu'ils auraient suivie de toute façon.
Pourtant, la toute dernière vague de hausses de la monnaie nippone (+ 13% depuis janvier) est bien plus mal vécue que les précédentes par les constructeurs. D'abord, parce qu'ils viennent de traverser quatre années noires sur leur marché intérieur, pendant lesquelles la mo




