Pour le dernier jour du mois de mai, les cheminots ont manifesté hier à Paris entre la gare Montparnasse et l'Hôtel Matignon, pour protester contre la déréglementation des services publics en général et des chemins de fer européens en particulier. A l'exception de la ligne C du RER, dont le trafic a été très fortement perturbé, et de certaines lignes de banlieue parisiennes, les usagers n'ont pas eu à se plaindre hier du mouvement des cheminots. Et pour cause: un seul syndicat, la Fédération des agents de conduite autonomes, avait appelé à la grève, alors que toutes les autres fédérations CGT, CFDT, FO, CFTC et FMC (agents de maîtrise) avaient décidé de ne pas pénaliser les usagers, et donc de ne pas lancer de mots d'ordre d'arrêts de travail. Idem à la RATP, associée pour cette journée à la SNCF. Dans le métro parisien, le trafic a été assuré presque à 100%: la CGT et les syndicats autonomes de la Régie avaient appelé les agents de conduite à manifester du quai des Grands-Augustins vers la rue de Varenne, ainsi qu'à quelques arrêts de travail, de toute évidence peu suivis.
A l'heure où Bernard Pons (ministre de l'Equipement et de l'Aménagement du Territoire) et Anne-Marie Idrac (secrétaire d'Etat aux Transports) se penchent sur le lourd dossier du nouveau contrat de plan SNCF, les cheminots ont manifesté hier leur attachement à l'«unicité de l'entreprise» et à leur mission de service public. Face à l'endettement colossal de la SNCF (près de 150 milliards de francs) et au




