La plainte pour concurrence déloyale est une première. La provocation, le président du Crédit Lyonnais Jean Peyrelevade adore. Chaque fois qu'il peut, il en remet une petite louche. En arrivant à la tête de la banque publique, il avait claqué la porte de l'Association française de banque, le lobby de la profession, l'accusant de ne pas le soutenir suffisamment. Une publicité à bon compte, d'autant plus que le Crédit Lyonnais continue régulièrement de siéger dans des groupes de réflexion de l'AFB, mais en toute discrétion.
Cette fois-ci, sa nouvelle cible, c'est la Société générale. Jean Peyrelevade n'apprécie pas du tout que la banque concurrente ait envoyé en mars 1995 un courrier à un certain nombre de ses clients à lui, en vue de les débaucher. Il a donc assigné la banque privée devant le tribunal de commerce. Rendez-vous le 27 juin prochain pour plaider un dossier de concurrence déloyale, publicité trompeuse, et préjudice. Coïncidence, l'accusation du Lyonnais soulève un problème qui fait actuellement l'objet de vives discussions dans le Landernau bancaire, et notamment au Comité des usagers.
Un banquier peut-il saisir, au moment de la compensation d'un chèque, le nom et l'adresse du client d'un concurrent? Ce moment intervient chaque fois qu'une banque X traite le chèque d'un client de la banque Y. Autrement dit, un client du Lyonnais signe un chèque à un commerçant, client de la Générale. Quand ce commerçant dépose le chèque sur son compte, le guichetier de la Généra




