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Libération
Enquête

Dans l'entreprise, LO investit les conflits. Chez GEC ou à la Snecma, les militants trotskistes ont su faire durer la grève.

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Publié le 03/06/1995 à 5h26

Arlette aux Guignols de l'info, trois ou quatre conflits en vue et les «LO», entendez les militants trotskistes de Lutte ouvrière, y croient. Du coup, ceux de la «secte», comme les appellent les gros bataillons de la CGT, se montrent. Les obsédés de l'ombre et de la semi-clandestinité se mettent ouvertement en tête des manifs. Pour un peu, ils revendiquent les premiers rôles chez GEC Alsthom à Belfort, à la Snecma, chez Uniroyal à Compiègne ou dans les usines de Renault. «Ils ont le sourire en ce moment», constate dépité, un cégétiste de Rhône-Poulenc pas LO pour deux sous. Le succès d'estime d'Arlette Laguiller à la dernière élection présidentielle (5,32% des suffrages exprimés) les a convaincus de transformer l'Union communiste, leur parti confidentiel, en un parti politique classique capable de fédérer le mécontentement «des travailleurs».

Depuis l'hiver dernier, il y a des conflits sans LO et des conflits avec LO. Les premiers se déroulent de façon classique avec mobilisation encadrée par la CGT, la CFDT ou FO. On pose ses revendications, on fait monter la pression. Ensuite, viennent le temps des négociations et la recherche d'une porte de sortie honorable. «Il faut savoir finir une grève!» expliquent les leaders syndicaux, même si le résultat paraît trop maigre.

Un conflit avec LO, c'est autre chose. Ça démarre, avec de préférence un comité de grève venu de la base. Ensuite, ça dure et ça semble ne jamais devoir s'arrêter. Les piquets de grève font partie de la méthode LO

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