«La fusion entre les groupes UAP, BNP et Suez n'a jamais été interdite par le gouvernement, puisqu'il n'en a jamais été saisi», déclarait hier Didier Pfeiffer, numéro deux de l'UAP, apportant la énième pierre au flot de démentis sur un éventuel arbitrage des pouvoirs publics entre trois groupes privés. Et pour cause, l'un des acteurs de la fusion supposée y était totalement opposé. Gérard Worms, pour le citer, président du groupe Suez, ne veut pas voir le nom de Suez disparaître de l'annuaire des premières holdings financiaro-industrielles de France. Et pour lui, fusion signifie à terme disparition. D'autant plus que les deux partenaires avancés pour ladite fusion, l'UAP et la BNP, ne sont pas du style à s'effacer.
C'est pour cette raison que Gérard Worms caresse à nouveau l'espoir de travailler avec François Pinault, le patron du groupe Pinault-Printemps-la Redoute, voire de procéder à des échanges d'actions. Les deux hommes se connaissent depuis plusieurs années et ont déjà par le passé entamé des négociations en vue d'un rapprochement éventuel entre les deux groupes. C'était il y a un peu plus de deux ans, lorsque le problème des actions d'autocontrôle se posait. Les grands groupes devaient recaser par tous les moyens ces actions détenues en portefeuille en des mains amies. Le projet éventé n'avait pas passé la rampe du conseil d'administration de la Compagnie de Suez, elle-même en butte alors à d'autres problèmes, liés à l'assurance et à l'immobilier.
Depuis, Gérard Worms




