Tokyo, de notre correspondante
Les chantiers navals japonais vont peut-être perdre la face pour une histoire de vol d'oies sauvages. Cette image est celle que les économistes utilisent pour décrire le progrès économique: au premier stade de son développement, un pays met l'accent sur les secteurs «lourds». C'est ce qu'a fait le Japon en devenant leader mondial dans la construction navale et la sidérurgie. Puis il oriente son économie vers des activités à plus haute valeur ajoutée automobile, électronique, etc. tandis que des pays moins avancés prennent le relais. Déclin ici, boom là-bas: les cycles se succèdent comme ces fameux vols d'oies sauvages, qui se déplacent en formant des V à l'envers dans le ciel.
Le modèle décrit bien le douloureux «passage de témoin» qui se produit actuellement entre le Japon et son rival asiatique, la Corée du Sud. Cas pratique: la construction navale. Selon l'agence d'évaluation financière américaine Moody's, qui scrute la solidité financière des grandes entreprises, les chantiers navals nippons sont sur le déclin et leurs perspectives plus sombres encore. «La qualité du crédit des chantiers navals japonais devrait décroître à moyen terme, cette industrie étant confrontée à un environnement de plus en plus difficile», indique Moody's. Traduction: la hausse du yen et l'émergence de nouveaux concurrents sapent la citadelle japonaise.
Car ce secteur reste l'un des points forts de l'économie nippone au niveau mondial. Une première alerte avait certe




