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Les amis de Chirac se divisent sur Suez. Friedmann (UAP) et Pinault ont chacun un projet d'alliance avec la compagnie.

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Publié le 08/06/1995 à 5h27

Voilà une guerre entre vieux amis d'ami qui commence. D'un côté,

François Pinault (patron de Pinault-Printemps-La Redoute), ami industriel de Jacques Chirac, de l'autre Jacques Friedmann (président de l'UAP), ami financier du même Jacques Chirac. L'objet de la querelle: l'avenir du groupe Suez, sur lequel tous deux ont des visées diamétralement opposées. Et depuis longtemps.

A partir de septembre-octobre 1994, Gérard Worms, président du groupe Suez, relance des conversations avec son ami François (Pinault), discussions abandonnées quelques deux ans plus tôt, étant donnée l'opposition du conseil d'administration de Suez à l'arrivée de Pinault l'indésirable. Gérard Worms a besoin de remodeler le capital de Suez et surtout de motiver son actionnariat par une grande opération. Toutes ses tentatives pour devenir l'actionnaire de référence de grands groupes comme Renault, la Seita ou la Lyonnaise des eaux échouent les unes après les autres. Il envisage donc de racheter à François Pinault son groupe de distribution et en échange de lui céder un peu moins de 20% de Suez. Les deux hommes discutent, soit ensemble, soit par banquiers interposés.

Arrive, au mois de décembre 1994, une surprise de taille. A cette époque, il faut le souligner, Edouard Balladur est donné gagnant à l'élection présidentielle. C'est ce moment que Michel Pébereau, patron de la BNP et très proche de Balladur, choisit pour lancer son attaque sur le groupe Suez. Jacques Friedmann, ami de trente ans de Jacques Chirac

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