Le gratin était là, au premier rang sous la coupole du Printemps,
venu pour la grand-messe annuelle du groupe de François Pinault, Pinault-Printemps-la Redoute (PPR). Au premier rang donc, et dans l'ordre alphabétique, Antoine Jeancourt-Galignani, le président des AGF, qui rêve toujours d'une privatisation. Puis, Loïck Le Floch-Prigent, ex-président d'Elf-Aquitaine, devenu PDG de Gaz de France, et qui, malgré des informations gênantes parues sur lui le matin même dans le Figaro (voir page 17) était tout sourire. Alain Minc, sans doute le plus influent dans l'affaire qui occupe pour l'heure l'establishment parisien (l'avenir de Suez), que l'on crédite d'une commission faramineuse s'il parvient à unir le groupe Suez à PPR. Et pour cause, il est tout à la fois le conseiller de Gérard Worms, président de Suez, et celui de François Pinault. Un peu plus loin dans la salle, le fils du propriétaire, François-Henri Pinault, qui ressemble comme deux gouttes d'eau à papa. Sur l'estrade, la patron manager de PPR, Pierre Blayau, l'homme à poigne de fer, qui ferraille pour rendre PPR toujours plus rentable. Et enfin, langue de chat, langue de bois, Ambroise Roux, président du conseil de surveillance de PPR, et commis pour répondre aux questions insidieuses des analystes financiers et des petits actionnaires, inquiets de l'avenir de PPR.
Et bien sûr, il n'a pas répondu, excédé même que six personnes osent lui demander ce qu'il pense d'un éventuel rachat de PPR par Suez. Tout ce qu'il a bien




