New York, de notre correspondant
Si tout se passe comme prévu, la conclusion définitive longtemps attendue d'un contrat spectaculaire de 6 milliards de dollars pour Boeing et McDonnell Douglas dont les Européens seront écartés devrait être rendue publique à l'occasion du Salon du Bourget. Ce contrat, annoncé pour la première fois en 1994, était, après le déploiement militaire dans le Golfe, un triomphe sans surprise bien qu'inhabituel dans la forme de la diplomatie commerciale américaine, où l'on pouvait lire, en filigrane, comme une addition à la facture de l'opération Desert Storm. La nouvelle avait été annoncée, en février 1994, par le prince saoudien Bandar bin Sultan au président américain, Bill Clinton, à l'occasion d'une visite dans le Golfe. Ce dernier s'était empressé de la relayer haut et fort en annonçant l'achat par la compagnie aérienne saoudienne d'une cinquantaine d'avions, pour l'essentiel à Boeing. Le solde devant être acheté auprès de McDonnell Douglas. Des commandes qui tombaient à pic, tant pour le premier constructeur aéronautique mondial, confronté à une série d'annulations de commandes, que pour McDonnell, dont la survie dans l'aéronautique civile dépendait, disait-on, de l'avenir de ce contrat, décisif pour son nouvel appareil, le MD11.
La nouvelle avait été immédiatement décrite comme l'illustration d'une nouvelle série d'offensives de Washington, avec le Président dans le rôle du VRP en chef. Cette politique a depuis été employée à plusieurs repri




