Tokyo, de notre correspondante
«Ce n'est pas de ma faute!» C'est, en substance, ce qu'a répondu lundi le ministre japonais des Finances, Masayoshi Takemura, aux journalistes qui l'interrogeaient sur la chute de la Bourse. Après son plongeon de vendredi dernier (2,6%), l'indice Nikkei, baromètre du marché japonais, a encore perdu 1,5% lundi, puis 1,4% hier. Motif invoqué par les opérateurs: le manque de substance du plan de soutien au secteur bancaire annoncé en fin de semaine dernière par le ministre des Finances. Depuis le début de l'année, la Bourse de Tokyo a perdu 25%. A 14.599,68 points, l'indice Nikkei est à son plus bas niveau depuis la mi-1992.
Les milieux boursiers avaient pourtant espéré toute la semaine dernière un geste de l'Etat pour favoriser l'apurement des créances douteuses des banques. Certains indices permettaient effectivement d'y croire: pour la première fois, le ministère des Finances a révélé il y a quelques jours le montant «réel» de ces créances douteuses: 40.000 milliards de yens, soit plus de 2.300 milliards de francs. L'équivalent d'une fois et demie le budget de l'Etat français! Le ministre des Finances a même admis que la situation du secteur bancaire n'avait jamais été aussi préoccupante depuis la Seconde Guerre mondiale.
Las. Contre toute attente, M. Takemura a annoncé un «plan» qui se résume à quelques orientations de principe: favoriser les rapprochements, mieux surveiller l'évolution des encours douteux, aider les banques à vendre des actifs




