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Trois conjurés désavouent Gérard WormsLe mariage entre Suez et Pinault-Printemps est sérieusement compromis.

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Publié le 15/06/1995 à 6h12

Touché mais pas coulé, Gérard Worms, patron de Suez, a tenu bon hier

à l'assemblée générale annuelle de son groupe malgré, en vrac: les trois plus gros administrateurs réclamant un amendement à l'une de ses résolutions, avec en sus un désavoeu public (fait unique dans les annales maison); plusieurs petits actionnaires exigeant sa démission; et, paroxysme du climat atteint hier à la Maison de la Chimie, rue Saint-Dominique à Paris, un actionnaire anglais demandant la liquidation pure et simple de Suez, compte tenu de sa similitude avec «une Sicav». Gérard Worms ne s'est pas laissé abattre, suçotant ses cachous comme il en a l'habitude lorsqu'il trouve le temps long. Et le temps hier s'éternisait autour de lui.

L'assemblée générale du groupe a débuté avec dix-sept minutes de retard, au motif que le président n'était pas là. Et pour cause, il se trouvait dans une salle mitoyenne, avec les autres membres du conseil d'administration. Comme tous ces grands messieurs ne parvenaient pas à s'entendre sur les résolutions de l'AG, il a dû les quitter avant d'en retrouver trois au premier rang une heure plus tard. Dans l'ordre, Jacques Friedmann, président de l'UAP, Jean-Louis Beffa, de Saint-Gobain, et Philippe Jaffré, d'Elf-Aquitaine. Très fâchés tous trois contre le président de Suez, groupe dont ils sont actionnaires (6,1%, 3,6%, 5,8% respectivement mais 9,6%, 9,9% et 5,6% des droits de vote, soit, à eux trois, plus de 25%), et contre le projet qu'il a mené en catimini de marier Suez

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