Très mauvaise ambiance depuis jeudi entre le président de Suez, Gérard Worms et ses grands actionnaires, Philippe Jaffré (Elf), Jean-Louis Beffa (Saint-Gobain), et Jacques Friedmann (UAP). Ce trio qui concentre 30% des droits de vote du groupe Suez a entamé un putsch, le jour de l'assemblée générale, en mettant en cause la stratégie de Gérard Worms.
Menés par Jacques Friedmann, les conjurés n'ont pas supporté d'apprendre par la presse que Gérard Worms travaillait à un rapprochement avec le groupe de François Pinault, Pinault-Printemps-La Redoute. Dans une ambiance vaudevillesque, ils ont obtenu l'amendement de la résolution qui ouvrait la voie à ce rapprochement mais n'ont pas tenté de démettre le président. Le trio a de fait compté ses voix, il ne disposait alors que de 40 à 45% des droits de vote exprimées en AG (contre 51% nécessaires). Il courait donc à l'échec. Le putsch a manqué d'élan, les conjurés ses sont dévoilés sans aller jusqu'au bout.
Gérard Worms, désavoué publiquement sans être débarqué, se retrouve face à trois hommes en colère, que rien ne semble désormais pouvoir rapprocher de lui. Et le complot continue. Hier, les bruits les plus incroyables circulaient. Jaffré, Friedmann et Beffa se seraient rencontrés - nul ne confirme - pour déterminer leur position face à Worms. Pour l'éliminer, ils ont désormais deux moyens: le premier consiste à «retourner» la majorité du conseil d'administration en leur faveur. Un travail de sape difficile à mener, même si dans ce




