Il faut parfois, pour briser le carcan des contraintes que les évolutions mondiales semblent imposer, revenir à l'essentiel en posant des questions simples: le monde a-t-il peur de l'abondance?
Pourquoi l'émergence de nouvelles capacités de production dans les pays en développement ou le retour des pays de l'Est en tant que producteurs et consommateurs sur la scène internationale devraient-ils être considérés comme des événements défavorables.
Car il est deux façons de les accueillir. La première, la plus évidente, consiste à se féliciter de l'accroissement de la capacité de production mondiale lorsque l'on sait l'énormité des besoins insatisfaits.
La seconde, dominante aujourd'hui, consiste à se plaindre de l'émergence des nouveaux concurrents sur des marchés dont on ne veut pas percevoir les potentialités de croissance. Cette dernière conception, la logique des parts de marché, conduit à transformer une bonne nouvelle en un événement malheureux. Or, il ne tient qu'à une coopération internationale plus étroite de transformer cette bonne nouvelle en une qui soit encore meilleure.
En effet, une observation, même hâtive, de la situation mondiale montre que presque partout existent des capacités de production inutilisées. Partout aussi le chômage est élevé, la pauvreté croissante. Rien ne s'oppose donc à ce que la production s'accroisse sans tensions inflationnistes, sauf, peut-être, aux Etats-Unis, en raison de la vivacité de la croissance des deux dernières années. Mais le défici




