Après avoir connu deux bonnes années économiques, les pays
occidentaux vont-ils connaître un ralentissement brutal? Depuis quelques semaines, la plupart des économistes revoient à la baisse leurs prévisions de croissance, celle-ci étant affectée par les perturbations monétaires et par l'atterrissage moins «doux» que prévu de l'activité américaine. Hier, l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économique) a fait de même: ses experts avaient prévu au début de l'année que la croissance des pays membres (les pays industrialisés) resterait sur le rythme de 2,9% constaté en 1994; mais dans les «perspectives économiques» bi-annuelles publiées hier, ils ne parlent plus que de 2,7% pour 1995 et 1996.
C'est des Etats-Unis que vient la principale inquiétude. Pour éviter la reprise de l'inflation, la Réserve fédérale a refroidi l'activité en remontant depuis l'an dernier ses taux d'intérêt. A tel point que désormais, le patron de la «Fed», Alan Greenspan, n'exclut pas «un taux de croissance très légèrement négatif au deuxième trimestre», comme il l'a annoncé hier. Mais il n'y voit que des «à-coup» normaux pour une économie qui tente de trouver son rythme de croisière sans inflation après une phase de décollage vigoureux. L'économiste en chef de l'OCDE, Kumiharu Shigehara, n'exclut pas non plus une baisse du PIB américain de 0,5% au deuxième trimestre, mais aussi au troisième. «Cependant, il existe une chance raisonnable que cette faiblesse se révèle transitoire, les réce




