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Coup d'Etat réussi à la Navigation mixte Paribas s'est vengé de son OPA manquée de 1989 en prenant le pouvoir.

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Publié le 24/06/1995 à 5h58

La climatisation en panne, un soleil de plomb, et en plus il y a du monde dans cette petite salle située au premier étage du numéro un de la Canebière où se tient l'assemblée générale de la vénérable Compagnie de Navigation Mixte. Et cette fois, la vue sur le Vieux port n'a pas contribué à détendre l'atmosphère. Marc Fournier, PDG de l'ancienne compagnie maritime devenue au fil du temps un bric à bric de 15 milliards de francs; Dominique Bazy, directeur général du Crédit Lyonnais; Amaury-Daniel de Sèze, membre du directoire de la Compagnie financière de Paribas; Léopold Jeorger, directeur général adjoint de la Société Générale, et d'autres, administrateurs ou représentants des actionnaires, sont venus tout exprès à Marseille. Ils ont rendez-vous pour une destitution, une révocation.

Habituellement, les assemblées générales sont des réunions empesées où la moitié des actionnaires somnole en écoutant d'une oreille distraite les résolutions et le rapport des commissaires aux comptes. Ils attendent le buffet. L'autre moitié de l'assemblée s'active mollement pour glaner quelques précisions et faire bonne figure. A l'AG de la Mixte, l'atmosphère tourne vite à l'aigre. Les commissaires aux comptes viennent de faire quelques réserves sans gravité sur les comptes de 1994 et Marc Fournier, président de séance, s'apprête à donner la parole aux actionnaires présents pour la séance des questions-réponses-plan-plan quand le représentant de Paribas, Amaury-Daniel de Sèze, prend la parole.

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