Les coups de sifflet se sont faits de plus en plus stridents, suivis
de cris et de bruits de chaises. Le service d'ordre qui guettait l'arrivée des intrus n'a rien pu faire. «Il s'est fait enfoncer», dira plus tard Jacques Friedmann, le président de l'UAP, qui a sans doute vécu hier l'assemblée générale la plus agitée de sa vie.
A peine commencée, la fête des petits actionnaires était finie. Il était 10h25, par une belle journée ensoleillée sur le bois de Boulogne, au Pavillon d'Armenonville, restaurant loué pour les grandes cérémonies. Jacques Friedmann venait à peine de commencer son laïus introductif qu'une quinzaine de membres d'Act Up entraient en brandissant des panneaux «UAP n$1 de l'exclusion», et en criant «Friedamnn laisse crever les séropositifs». La salle comprend vite ce qui se passe, Jacques Friedmann a juste eu le temps de prévenir que «ce sont des gens d'Act Up». Dans le fond, des petits actionnaires se lèvent et entament le ban: «Dehors-dehors». Les insultes du genre «tirez-vous les pédales» fusent mais les militants d'Act Up ne les entendent pas. C'est impossible, le vacarme est total. Ils sont maintenant tous allongés sur l'estrade, sifflant, criant des slogans; l'un d'entre eux s'est attaché les pieds au fil du micro de la table principale. Les commissaires aux comptes ne bougent pas. Jacques Friedmann essaie de couvrir le bruit des sifflets avec son micro. Impossible. Les actionnaires entament un nouveau ban, mais restent tout de même bien sages sur leur




